Cet été le département du Var est fortement touché par les incendies.
Des paysages forestiers dévastés par le feu entourent ou surplombent certains villages. Il est légitime de vouloir intervenir rapidement pour gommer l’impact du feu en éliminant le bois brûlé. Pour autant, en dehors de travaux d’urgence nécessaires pour mettre chacun en sécurité, il est important de prendre du recul.
Tout d’abord, l’accès aux massifs est règlementé et l’utilisation de machines susceptibles de générer des étincelles est encore limitée voire proscrite dans certains secteurs. Ensuite, certains arbres, s’ils ne sont pas entièrement brûlés et s’ils n’ont pas été soumis à des températures trop importantes pourront repartir : attendons les prochaines pluies pour voir quels arbres reverdissent. La plupart des feuillus touchés par le feu pourront rejeter de souche. Les pins d’Alep brûlés ne survivront pas, mais leurs cônes ouverts par le feu auront probablement ensemencé les secteurs brûlés : la plupart du temps la régénération naturelle s’installera d’ici 3 à 5 ans, il faut donc laisser passer ce délai avant d’engager des reboisements éventuels.
Les sols incendiés sont fragiles et il faudra en tenir compte : respecter des cloisonnements pour le passage des engins, préserver les restanques, laisser les rémanents au sol sont autant de précautions qui aideront à diminuer l’érosion des sols brûlés mis à nu.
Des études vont être menées afin de préciser les secteurs pouvant faire l’objet d’une coupe de bois et ceux nécessitant des travaux d’urgence. Des financements existent pour certaines opérations, mais des études permettant d’affiner les besoins doivent être menées en préalable. Le feu ignorant les limites de propriétés, une réflexion collective, associant l’ensemble des propriétaires de parcelles sur les secteurs morcelés est pertinente.
Le CNPF se tient à disposition des propriétaires privés pour répondre à leurs questions et les accompagner dans la suite des actions à mener pour restaurer ces milieux, en partenariat avec l'ensemble des acteurs du territoire mobilisés.
Si vous pensez que votre forêt a été touchée par l'incendie de Pontevès/Correns (communes concernées : Barjols, Châteauvert, Correns, Cotignac, Le Val, Montfort-sur-Argens, Pontevès), vous pouvez vous rapprocher de la technicienne de ce secteur :
Carole Adriet : carole.adriet@cnpf.fr , 06 73 48 22 35
Si vous pensez que votre forêt a été touchée par l'incendie de Taradeau/lesArcs, vous pouvez vous rapprocher du technicien de ce secteur :
Maël Grauer : mael.grauer@cnpf.fr , 06 75 69 61 74
Dès maintenant et pour toute la saison estivale, la vigilance de chacun est de mise pour éviter les catastrophes. En France, 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Chacun est acteur de la préservation des forêts !
L’incendie de Taradeau – Les Arcs en chiffres
Sur 170 hectares incendiés, 95 hectares sont forestiers dont 84 hectares sont constitués de forêt privée, répartie entre 122 propriétaires.
L’incendie de Pontevès du 21/07 et celui de Correns du 31/07
Cet incendie a touché 7 communes et environ 550 hectares. Une grande partie de la surface impactée est privée, et très morcelée par endroits.
Le CNPF a consacré le mois de septembre 2026 à réaliser un premier diagnostic des secteurs pouvant faire l’objet d’une exploitation des bois brûlés.
Le 24 septembre à Correns et le 28 septembre à Pontevès, les résultats de ce diagnostic ont été présentés à 330 propriétaires. Il a été proposé à ces propriétaires de rejoindre l’ASL des Bois d’Argens et des Bessillons qui leur permettra de mener des opérations collectives de coupes et de travaux et d’envisager ensemble le futur de ce massif.
L’incendie de Brignoles
Sur 63,6 hectares incendiés, 56 hectares sont forestiers et 52,5 hectares sont constitués de forêt privée, répartie entre 69 propriétaires.
Article publié le 7/08/2026 - MAJ le 5/10/2026