En forêt privée, la gestion est cadrée par le Schéma Régional de Gestion Sylvicole qui définit les règles de sylvicultures. Contrairement à certaines idées reçues, on ne peut pas faire n’importe quoi en forêt. Les arbres sont marqués ou des consignes sont données par un gestionnaire forestier pour le bon déroulement du chantier. Les interventions doivent permettre la croissance des plus beaux arbres puis assurer le renouvellement de la forêt.
Eclaircir et régénérer la forêt
La coupe d’éclaircie, appelée aussi coupe d’amélioration, va permettre d’accompagner la croissance des arbres et de favoriser les plus beaux sujets. Plusieurs coupes d’éclaircie seront nécessaires dans la vie du peuplement avant de penser à la régénération. Les bois à couper sont les arbres dominés, avec du gui, les tordus et les branchus… L’éclaircie permet aussi de favoriser l’installation de la strate herbacée du sous-bois et de mieux voir les animaux. Elle favorise les pratiques pastorales.
La coupe de régénération consiste à favoriser l’installation de semis naturels (des jeunes sujets qui mesurent à peine 10 cm mais qui deviendront grands). En une ou deux interventions, les grands arbres conservés (les semenciers) seront récoltés lorsqu’ils arrivent à maturité (environ 140 ans pour le mélèze). Les trouées ainsi créées permettent à la lumière d’arriver au sol. Celle-ci favorise le développement des jeunes semis. Mais bien souvent en raison d’une strate herbacée très dense les graines n’arrivent pas à atteindre le sol. Le forestier va intervenir alors en régénération dite « assistée ». Il faudra alors décaper le sol avec un engin pour que la graine puisse germer et se développer. Cette opération est parfois complétée par de la plantation si les semis n’arrivent pas dans les 5 ans. Les pratiques pastorales seront à adapter pendant la mise en régénération.
Les branches en forêt, un atout pour les sols
Principales préoccupations des propriétaires et des usagers de la forêt, les branches laissent souvent une impression de désolation sur les parcelles. Les qualificatifs les plus souvent employés sont : "c’est sale", "on ne peut plus circuler", "c’est dangereux pour les incendies"…
Il faut relativiser. Une coupe intervient tous les 20 à 40 ans dans la vie d’un peuplement et les branches se dégradent avec le temps. En 5 ans la majorité auront disparus. C’est donc une gêne passagère à l’échelle de la vie d’une forêt.
Suivant le mode d’exploitation elles peuvent être dispersées sur la coupe ou regroupées en andains.
Pour limiter l’impact sur le milieu et sur les sols, des « passages » appelés cloisonnements sont créées tous les 16 m environ. Ils vont permettre aux engins de cheminer et d’extraire les bois. Ils restreignent la circulation des engins dans la parcelle. De plus les branches peuvent être regroupées sur ces cloisonnements pour limiter le tassement du sol. Parfois lorsque les conditions climatiques sont mauvaises, une remise en état est prévue par l’exploitant pour boucher les éventuelles ornières.
Les branches contiennent l’essentiel des éléments minéraux. Il est important de laisser les branches sur le parterre de la coupe pour restituer au sol les éléments minéraux nécessaires et améliorer le sol. Sur des sols calcaires avec des PH de 7 à 8 et contrairement aux idées reçus elles ne vont pas l’acidifier, mais l’améliorer en ramenant sont PH proche de la neutralité.
Ces branches favorisent la germination des graines et protègent les jeunes des animaux comme les cervidés friands de jeunes pousses.
La décomposition de ces branches profite à de nombreux champignons et insectes dits saproxiliques qui vont participer à la bonne santé de la forêt et au cycle de l’eau. Tout cela sans compter sur les champignons comestibles comme les morilles qui poussent après les coupes de bois.
Le développement du bois énergie permet dans certains cas d’extraire les rémanents. Pour cela il faut un accès facile où des semi-remorques peuvent venir, un débardage court car les branches foisonnent beaucoup, et une grande place de stockage. Le combustible issu des branches ne peut être brulé que par des chaudières industrielles. Il ne convient pas aux chaufferies bois et aux chaudières au bois déchiqueté. Les scientifiques estiment qu’un seul export de branches est possible durant toute la vie du peuplement sinon on appauvrit le sol.
Dans quels cas les éliminer ?
- Dans les périmètres soumis à des obligations légales de débroussaillement (notamment 50 m autour des maisons),
- Dans le cadre d’opérations sylvopastorales où les branches vont entraver la circulation du troupeau.
Ces opérations sont coûteuses avec un montant proche de 1500€ par hectare.
Les engins forestiers causent-ils des dégâts en forêt?
Le métier de bûcheron est un travail difficile, pénible et dangereux. Aujourd’hui, l’exploitation forestière est réalisée à l’aide d’engins forestiers comme une abatteuse pour couper les arbres puis d’un porteur ou d’un tracteur forestier pour les évacuer de la forêt vers des places de stockage. Des camions assureront ensuite le transport des bois.
Pour limiter l’impact sur le milieu et sur les sols, des « passages » appelés cloisonnements sont créées tous les 16 m environ. Ils vont permettre aux engins de cheminer et d’extraire les bois. Ils restreignent la circulation des engins dans la parcelle. De plus les branches peuvent être regroupées pour limiter le tassement du sol. Parfois lorsque les conditions climatiques sont mauvaises, une remise en état est prévue par l’exploitant pour boucher les éventuelles ornières.
Que vont devenir les arbres récoltés ?
Les plus beaux arbres prendront la direction d’un marché régional vers les scieries pour réaliser de la charpente, des planches ou des palettes. Les autres seront destinés à l’industrie de la pâte à papier ou du bois énergie. Le bois énergie permet une valorisation locale de la ressource à travers les chaufferies bois et réseaux de chaleur de notre territoire. Il permet de se substituer aux énergies fossiles et améliore ainsi le bilan carbone.
Le bois dans la construction est un formidable matériau. Il est peu gourmand en énergie et permet de stocker du carbone.
Et la biodiversité dans tout ça ?
Les forestiers, en concertation avec les environnementalistes, préservent les cours d’eau et programment les interventions en dehors des périodes de nidification des oiseaux protégés et préservent la flore patrimoniale. A titre d’exemple une exploitation ne peut pas commencer entre le 1er mars et le 15 septembre dans un périmètre de protection du Circaète Jean le Blanc (rapace protégé).
Les cheminements des engins créent des couloirs qui sont très favorable au territoire de chasse des chauves-souris.
Vous avez certainement remarqué des arbres marqués avec un triangle inversé. C’est ce que l’on appelle des « arbres bio » qui sont porteur de biodiversité. En général ce sont de vieux bois sur pied, avec des cavités de pic ou des décollements d’écorce…
Les branches contiennent l’essentiel des éléments minéraux. Ils peuvent être soit dispersés soit regroupés en andain. Il est important de laisser les branches sur le parterre de la coupe pour restituer au sol les éléments minéraux nécessaires et améliorer le sol.
Ces branches favorisent la germination des graines et protègent les jeunes des animaux comme les cervidés friands de jeunes pousses.
La décomposition de ces branches profite à de nombreux champignons et insectes sont dits saproxiliques qui vont participer à la bonne santé de la forêt et au cycle de l’eau. Tout cela sans compter sur les champignons comestibles comme les morilles qui poussent après les coupes de bois.